// mai 30th, 2007 // 4 Comments » // Lost in la Strato sphère
Je ne sais pas comment cela se passe, mais il m’est arrivé depuis quelques années d’avoir une sorte de pressentiment qui s’est vérifié par la suite. Quelque chose comme une petite voix qui résonne dans ma tête pour m’alerter ou m’inciter à faire quelque chose ou éviter de le faire.
Encore faut-il savoir ou vouloir l’entendre…
Quelques exemples…
Eté 1999, je passe un week-end sur les côtes normandes avec mon père. En prenant le train depuis Paris, je me suis dit qu’il serait sympa d’aller jouer quelques piécettes aux machines à sous de Dieppe. Arriver en gare de Dieppe, j’en parle à mon père venu me chercher. Il ne me dit pas non sur le principe, mais je sens quelques réticences. C’est un ancien gros joueur, qui, en cet été, est plutôt en galère d’argent. Je sens qu’il ne veut pas se laisser happer par l’appel du jeu, mais que d’un autre coté, il veut me faire plaisir.
L’après-midi touche à sa fin, nous dînons.
Je me réjouis à l’avance d’aller au casino. Pas pour un éventuel gain, mais pour le rêve et l’excitation qui accompagnent le potentiel gain. Il y a une sorte de magie dans le jeu.
Mon père s’évertue à éviter soigneusement le sujet. Mais je ne sais pas pourquoi, il faut que j’y aille, c’est ce soir et pas demain ou après-demain. J’insiste, il se braque, fait la tronche. Il propose à son amie de m’accompagner. Elle dit oui tout en me proposant d’y aller le lendemain. En gamin capricieux que je suis j’étais , je fais la tronche.
Finalement, mon père se laisse attendrir et surmonte ses démons. Dans la salle des machines, impossible de mettre la main sur une qui m’inspire. Je tourne, je tourne, regarde, surveille, mais non aucune ne me tente. Mon père descend rapidement le budget qui s’était accordé. Je prends sa place une fois qu’il a épuisé ses économies. Et en 10 minutes je récolte le jackpot.
Etrange d’avoir été irrésistiblement poussé à jouer ce jour là…
Hiver 2001, mon contrat à l’Elysée se termine, je suis en quête d’un nouveau job. Je réponds à une annonce aux éditions Glénat qui cherche un attaché de presse pour son département BD. Le job en or. Finalement, je manque, à l’époque, d’expérience. Trop junior. J’enchaîne avec un entretien dans une agence de relations presse basée dans les Yvelines. C’est un peu à l’autre bout du monde. Mais on ne fait pas la fine bouche lorsqu’on a pas une grande expérience professionnelle. La patronne me reçoit, présente son agence, l’équipe, me pose des questions et me demande de remplir un questionnaire (genre : est-ce que je connais la presse…). Rendez-vous bien passé mais ma petite voix me dit qu’il y a quelque chose d’étrange dans cette boite. 2/3 semaines plus tard, mon téléphone sonne. C’est la directrice de l’agence qui m’appelle. Je ne suis pas idiot, je comprend avant de décrocher que c’est pour me dire que c’est bon. Je décroche, elle me demande si je peux lui parler (je suis encore en poste à la Présidence), je lui dit poliment "oui". Elle commence à me parler du nombre de candidats vus… blablabla.. blabla…bla… Mon impression se confirme et ma petite voix résonne à tout va. Avant qu’elle ne m’annonce la couleur, je lui dis que je dois raccrocher – urgence à gérer – et que je la rappelle. En fait d’urgence, je prends surtout le temps de réfléchir à ce que je lui réponds. Il me reste 2 mois à faire sur mon contrat en cours.
Ce serait idiot de louper une occasion si ma petite voix se trompait… je rappelle et accepte le poste !
6 mois plus tard, à peine, je me rends compte que j’ai fait une connerie et que j’aurai dû écouter ce que Petite Voix me racontait. Cette boite, dirigée par un couple, est un cauchemar. C’est le défilé des employés et un certain nombre de procès aux Prud’hommes.
J’y resterai quasiment 2 ans avant de trouver un poste dans une agence de communication dans laquelle j’ai énormément appris.
Il y a 2 ans, le même scénario semble se reproduire, et à nouveau cette sirène qui sonne sans que je ne l’écoute. Pourtant, tout semblait s’orchestrer magnifiquement. Mais j’aurai dû l’écouter…
Histoire d’alchimie inactive…
Depuis une dizaine de jours, ma vie a pris un nouveau tournant. Nouvelle région, nouvel appart, nouvelles entreprises et nouvelles missions.
Et là, pas de petite voix. Rien. Nada, Peau de zob.
Pourvu que ça dure !
Moralité : Ecouter sa petite voix a du bon !
Et vous, elle vous parle votre petite voix ?