Archive for Rediff' de l'été

Sois beau ! Ne souffles pas comme un veau… 1&2 (Rediff)

// août 10th, 2006 // No Comments » // Rediff' de l'été

(mai 05)

1

Les
cheveux gominés, plaqués tel un golden boy de la première heure, tu
regardes ton reflet dans le miroir de l’ascensseur qui te ramènes chez
toi. Ton costume Paul Smith à rayure, ton tee shirt blanc moulant, te
donnent une allure de conquérant.
Tu te regardes et tu sais que tout cela n’est que virtuel… pour l’instant…

L’ascenseur s’ouvre et il est temps de retirer ton costume d’Edgar !

—————————————————————————————-

2

Ton costume d’Edgar…
Ton uniforme qui te permet d’évoluer dans un univers dans lequel le paraitre est une arme puissante.

Tu ouvres la porte de ton studio qui renferme ton univers, la
réalité sur ta petite personne. Droit vers la salle de bain, il est
temps que tu retires ton masque. Le néon, au dessus du miroir, clignote
et t’aveugle. Tu as du mal à refaire la mise au point sur ton image…
Puis ton visage apparait, tes cheveux noirs plaqués, tes yeux bleus,
ton accoutrement… tu ressembles à un playboy italien.

Dans le reflet que te renvoie le miroir tu te vois 10 ans plus tôt…
Tu
commences par décoller les autocollants couleur chair qui maintiennent
ton casque gominé. Tu peux retirer ses faux cheveux qui font illusions
aux yeux du monde mais qui te compriment le crâne à longueur de
journée. Dans le même temps, tu t’arrêtes de te manger les joues qui te
donnent un visage émacié… elles reprennent leur forme arrondie.

Puis vient le tour de tes yeux… grâce aux lentilles de couleurs,
c’est plutôt facile comme subterfuge… Tu as hésité, à un moment, à
alterner entre le vert et le bleu, mais la peur que tu sois découvert
t’a rendu prudent et fixé sur le bleu.

Ton visage devient la réalité que tu souhaiterais autre.

La veste Paul Smith soigneusement posée sur son cintre, tu otes ton
t-shirt blanc moulant, qui laisse apparaître la gaine qui comprime ton
ventre. les crochets dans le dos, tel un soutien-gorge. La gaine
enlevé, ton ventre reprend sa forme de bouée tombante…

Te voilà !…

Tu oses à peine te regarder… Comment pourrais-tu te présenter au
monde comme cela ? Tu travailles dans le show biz… attaché de presse
de stars…
Cannes vient de se terminer et il t’a été difficile de faire illusion aussi longtemps.

Tu ne supportes plus tout ce rituel… cheveux et lentilles
pourraient être supprimés mais le reste ! Il ne tient qu’à toi de faire
fondre tout ça…

La femme du voisin du dessus… (Rediff)

// août 8th, 2006 // 2 Comments » // Rediff' de l'été

Comme vous le savez, ou comme vous l’aurez remarquez, je suis un grand
pacifiste… Mais mes limites ont des limites…

Après avoir tranché la gorge de la vieille peau du troisième qui
manquait de respect à mes invités et à ma famille, après avoir encastré
un sonotone improvisé dans les encornets du voisins du 2e et lui avoir
balancé des rythmes musicaux insoutenables pour son oreille de
mélomane, je me suis occupé de sa femme !

L’immeuble commence à devenir un lieu où il fait bon vivre !
Voilà maintenant 8 mois que nous occupons ce bel appartement au premier
étage d’une résidence récente, lovée dans une ruelle à sens unique où
peu de voitures s’aventurent. Passé la mauvaise surprise du coût du
chauffage électrique, nous avons découvert la faune locale. Plutôt
familiale mais avec quelques vieux retraités qui ont investi dans la
pierre de la batisse et se prennent donc pour les maitres du royaume.

Mais soit ! Il fait tout de même bon vivre ici et cela s’améliore de
jour en jour depuis que j’ai pris les choses en main.

Depuis que nous sommes installés ici, j’entends la voisine de
l’appartement juste au dessus de nos têtes, faire les cent pas le matin
vers 6H30/7H et le soir vers minuit/1H. j’estime qu’elle a parfaitement
de droit de s’entrainer pour la "Parisienne", mais je ne comprend pas
pourquoi elle le fait en talons ???
Ce qui me donne
l’impression d’être sous les coups d’un marteau -piqueur.
Et depuis que j’ai enfermé son mari dans notre cave, à coté du cadavre
de la vieille du troisième, elle doit être anxieuse car le rythme de
ses pas s’est accentué.

Ce matin, 6H30.
Ses pas martellent le sol et je n’en peux plus. Je
patiente tout de même en me préparant. J’enfile mon costume Armani noir
tennis, une chemise blanche immaculée. Elle court toujours !
Et moi, je monte ! Je sonne à sa porte. J’entends son pas saccadé qui
se rapproche, la clé tourne et la porte s’ouvre.
Ni une ni deux, elle n’a pas le temps d’ouvrir la bouche que je lui ai
mis un coup de boules qui l’envoi s’avachir dans son canapé. Je referme
la porte paisiblement, m’avance vers elle, qui visiblement est dans les
vapes. Elle porte un marcel et un short en lycra rose, mais c’est bien
des talons aiguilles qu’elle a aux pieds.
Les gens sont bargeots !
Je profite qu’elle est sonnée pour aller dans sa cuisine. J’attrappe le
tablier que j’enfile ainsi qu’une petite hache à viande. Je retourne
dans le salon. Elle semble reprendre ses esprits, mais je ne lui en
laisse pas vraiment le temps en lui assénant mon point sur le nez !
Elle est K.O !

J’attrappe la hache, lève le bras très haut, au-dessus de ma tête, et
rabat de toutes mes forces.
Les pieds en moins, ce sera plus difficile
pour enfiler ses talons…

Shut up le voisin, où moi aussi je monte son ! (Rediff)

// août 4th, 2006 // 1 Comment » // Rediff' de l'été

(Oct 05)

Un vendredi soir, pas comme n’importe quel vendredi soir.
Je sors
du bureau en courant. Une urgence ! Enfin deux : je dois aller chercher
ma fille avant la fermeture imminente de la crèche et je dois aussi
faire les course pour le diner romantique que j’avais prévu pour
l’anniversaire de ma femme… et en profiter pour acheter les derniers
cadeaux…

Forcément, la ville est embouteillée ! Les bus sont à la bourre, les
voitures se lèchent les parechocs et les passants se lambinent sur les
trottoirs… Je décide malgré tout de descendre du bus car j’avancerai
probablement plus vite que lui à pied, malgré les lambins qui obstruent
les trottoirs.

Me voilà à la crèche, un regard légèrement teinté de reproche de la
part de la directrice de la crèche qui elle aussi a envie d’être en
week-end. J’attrappe ma fille, écoute le récit de sa journée, fait par
la directrice de la crèche (et oui pas ma fille qui fait son récit, à
part par du babillage), et d’un pas pressant je regagne le parking de
l’immeuble pour sauter dans la voiture et retourner sur mes pas, dans
les bouchons boulonnais pour rejoindre les Passages.
Mes cibles : Inno, Orcanta, La Fnac et la boulangerie qui tue sa race…
Une petite heure pour tout ça et je regagne l’appartement familial. Ma femme est déjà là.

  • elle : bonsoir
  • Moi : ferme les yeux
  • elle : ok… je m’occupe du repas de Z..
  • Moi : pas de problème… heu, tu sais où je peux trouver du papier cadeau ?…
  • elle : ho tu sais ce n’est pas la peine…

En fait, un seul des cadeaux n’a pas d’emballage, mais malgré tout,
j’improvise un paquet avec un sac en papier et quelques agraphes.
Pendant qu’elle s’occuppe de notre fille, je me charge de notre diner et du champagne.
Elle
va dans la chambre de notre fille pour la mettre en pijama et la
coucher pendant que je prépare la table. Quelques bougies, les couverts
et assiettes "du dimanche", les flûtes à champagne… et le menu !
Il est 21H
Nous trinquons à son anniversaire et je lui offre ses cadeaux. Elle semble heureuse.
Puis,
comme un bruit répétitif dont il nous faut quelques secondes pour nous
rendre compte qu’il s’agit du voisin, juste au dessus, qui doit fêter
aussi quelque chose de son coté, avec des amis, et les basses de sa
sono à fond…
Nous nous regardons, ma femme et moi, en nous disant
que c’est comme cela. Que peut-on y faire ? En bons voisins, nous
faisons museaux, et continuons à déguster notre soirée sponsorisée par
les basses du dessus… Puis ma femme décide qu’elle va se coucher car
elle travaille tôt le lendemain et jusque tard le soir.
Je
l’accompagne,elle s’endort rapidement, mais moi, je n’y arrive pas et
me relève donc pour lire le roman en cours. Douglas Kennedy.
Au-dessus,
c’est de plus en plus rythmé. Il est 1h du mat, et ils balancent la
danse des canards, la compagnie créole et autres sons du genre… Des
éclats de rires, des chaises qui cognent le parquet et qui font vibrer
l’immeuble entier. Ils doivent faire une chaise musicale…

C’est décidé, je me rhabille à la hâte. Mon bas de jogging, un
t-shirt blanc déprimé et des mocassins aux pieds… avec cette tenue,
je risque de leur faire peur…
Je monte les marches et frappe à la porte de l’appartement incriminé.
Mon
voisin – enfin je suppose que c’est lui car derrière le nez de clown
rouge et son chapeau en carton bariolé, je ne suis pas certain de le
reconnaitre – m’ouvre la porte, l’air aviné.

  • lui : ’soiiiiiiiiirrrr… qisss kiveeeeeeeeeee lll’mmmeeeeeussssieeeeeeuuuuuu
  • Moi : bonsoir ! Juste si vous pouviez baisser un peu le son de la
    musique et évitiez de jouer à la chaise musicale, cela m’arrangerait et
    me permettrait d’aller me coucher.
  • lui :hooooooooooooooooooo, l’raaaaabaaaaaajoiiiiiiiiii… c’eessst
    la fêêêêêêêtttteee… viiiieeeeeennns boiiiiiiirrrre un coup d’Kritter
    et ça va t’dérrrideer l’voisiinnnnnnnnnn
  • Moi : c’est gentil, mais non merci. Je vous demande juste de
    baisser un peu le son, pas d’arrêter votre soirée. La chambre de ma
    fille est juste en-dessous de votre salon.
  • lui :hhhooo t’vas poooo m’prendddreee la teute nan !!!! meeerrrrde alors ! t’fais chier connaaaarddd d’voisin

Et là, j’ai attrappé son chapeau en forme de cône lui ai planté dans l’oreille et ai gueulé dans l’entonnoir :

  • J’VAIS T’CREVER ESPECE D’ABRUTI  !

je l’ai chopé par le cou et l’ai entrainé jusqu’à mon appartement. Visiblement tous beurrés chez lui, personne n’a rien vu.
Lui, tellement aviné, il n’a pas décroché un mot. Je lui ai murmuré à son oreille non appareillée :
tu connais le cri qui tue ? j’vais te faire écouter le son qui tue mon brave…
Il
a commencé à émerger un peu de son brouillard et à se débattre. Je lui
ai alors collé une double baffe sur les oreilles (façon Depardieu de la
grande époque), ce qui l’a sonné.

J’ai attrappé mon iPod, lui est mis les écouteurs sur les oreilles et ai mis le son à fond :

You’re talking to me ?… (rediff)

// juillet 31st, 2006 // 4 Comments » // Rediff' de l'été

Début des rediff’ de l’été !
(sept 05)

Samedi, fin d’après midi
Après avoir fait le ménage, ranger l’appartement, je prépare le menu pour les invités du soir. Nous serons six. Le soleil brille et réchauffe agréablement ce début septembre.

Il me reste une ou deux courses à faire et tout sera fin prêt ! Je descend la rue en direction du Franprix, achète 5 bouteilles de St Chinian, 3 bouteilles d’un quelquonque rosé et me voilà qui grimpe à nouveau la rue en direction de l’immeuble.
J’apperçois deux de mes balcons et me dit que j’ai bien de la chance ! L’un servant de terrasse et l’autre de "buanderie", les beaux jours. J’y ai étendu le linge fraichement lavé. On peut distinguer, légèrement l’étendoir depuis la rue.

Arrivé au pied de l’immeuble, une voisine, la cinquantaine bien entamée s’adresse à moi comme si j’étais la petite racaille locale :

  • La mégère : C’est vous qui êtes à ce balcon ?
  • Moi : heu… oui !
  • La mégère : C’est interdit ! Enlevé ça immédiatement !
  • Moi : Quoi ??? Pardon ? Vous me dites ???
  • La mégère : Vous n’avez pas le droit d’étendre le linge sur un balcon
  • Moi : ha ? mais pourquoi ?
  • La mégère : C’est comme ça ! Je fais partie du syndic de la copropriété et je vous dit que vous n’avez pas le droit !
  • Moi : Mais en quoi cela vous gêne ?
  • La mégère : C’est comme ça, c’est tout !
  • Moi : C’est ce qu’on va voir !…

je la regarde avec colère, elle ne me regarde pas mais je sens son mépris qui transpire de tous ses pores…

  • Moi : …ha oui, maintenant ça me revient ! C’est vous qui m’avez accueilli à notre arrivée dans l’immeuble en me disant que vous regrettiez qu’il y aie des locataires et pas uniquement des propriétaires… tu parles d’un accueil chaleureux !! Vous êtes épanouis ! Vous irradiez l’immeuble de votre joie de vivre et de votre convivialité ! Tout comme le jour où l’on a emménagé et où vous avez incendié l’un de mes amis, venus m’aider à porter des meubles, parce qu’il y avait quelques traces dans le hall d’entrée que nous n’avions pas nettoyé !!!!
  • La mégère : mais moi monsieur, je suis propriétaire ici et vous, vous n’êtes que locataire !

je ne sais pas ce qui s’est passé dans ma tête, mais presque au ralenti je me suis vu aggripé l’une des bouteilles que je venais d’acheter, je l’ai cassé contre le mur et j’ai tranché la gorge de la vieille peau avec le cadavre écorchant de la bouteille.
Son sang a giclé partout et s’est mélangé au sol avec cet excellent St Chinian que je réservais à mes invités du soir… J’allais donc être obligé de retourner acheter une bouteille… Quel gachis ! Je l’ai regardé se vider de son sang, son regard paniqué par la peur, la douleur et l’incompréhension.

P’tain de journée !

A mes prochains invités : ne vous inquitez pas, la mégère ne vous importunera plus !

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